Son marché forain coloré de bord de mer est très fréquenté. Mais parmi les incontournables Saint-paulois, d’autres balades valent que l’on s’y attarde. Parmi elles, côté littoral, la zone de l’Etang, prisée par les promeneurs et pique-niqueurs pour sa quiétude, est classée Réserve naturelle protégée, alors que le “four des Roches” coincé entre marécages et falaises renvoie à une parenthèse historique forte de la Réunion.

 

Réunion, Saint-Paul, l'Etang Salé
Réunion, Saint-Paul, l’Etang Salé

Une Passerelle et un étang mythique

 

Dès l’aube, les joggeurs qui empruntent la passerelle de l’ancienne voie ferrée qui enjambe l’étang ne se comptent plus. Dans la série des ponts métalliques construits entre Saint-Pierre au Sud et Saint-Benoît dans l’Est, en passant par Saint-Denis pour le passage des trains d’antan, celui de l’étang de Saint-Paul est le dernier témoignage de l’histoire ferrée de l’île. Parfaitement entretenu avec son plancher en bois, Il n’est plus fréquenté et accessible que par les piétons et les cyclistes. On y flâne volontiers pour profiter du panorama sur la crête des montagnes d’une part et de la vue sur l’étang qui rejoint la mer d’autre part.

 

Passerelle de l'Etang Salé
Passerelle de l’Etang Salé

Pour y accéder, de vastes parkings aménagés en lisière des aires de Pique-nique, rive gauche de l’étang, d’où l’on emprunte un sentier sableux qui court vers le très  bel ouvrage d’art.

Classée Réserve naturelle nationale en 2008, la zone de l’étang désormais protégée, environ 400 hectares, implique l’interdiction formelle d’importuner les animaux, de dégrad­er la végétation et d’arracher les plantes, les constructions y sont aussi très réglementées.

Il en ressort une atmosphère de grande quié­tude palpable aux abords du plan d’eau, l’air pur seulement émaillé par les cris des poules d’eau, des hérons verts et des buses de Mail­lard.

Associé à une faune et une flore exception­nelles, l’étang est perpétuellement alimente en eau grâce à un réseau de sources locali­sées sur le Tour des Roches, auquel viennent s’ajouter les résurgences de la nappe phréatique. 

Zone la mieux préservée des Mascareignes 

Mais cette zone humide unique, la plus vaste et la mieux préservée de l’île et de tout l’archipel des Mascareignes, est très fragile et donc sous menace permanente. Parceque cette région a été le berceau de la colonisation française vers 1648 – de nombreux vestiges et monument témoignent de la richesse du patrimoine his­torique et culturel de la commune de Saint-Paul, labellisée Ville d’Art et d’Histoire – l’occupation humaine, très ancienne, a profondément modifié le paysage. Le lac qui couvrait au début du dix-huitième siè­cle une superficie d’environ cent-trente hectares, en grande partie comblée un siècle plus tard en raison de l’érosion des sols des Hauts due aux défrichements et du drainage par le creuse­ment de canaux pour les activités agricoles, la partie en eaux libres de cette zone humide ne couvre plus que 17 hectares environ. Le reste de la surface est colonisée par la végétation, constituée de pensées d’eau, de songes et papyrus.

Il n’en demeure pas moins que l’Etang conserve son caractère d’exception, dont une biodiversité particulière en raison des entrées fréquente d’eau salée – soigneusement observée et protégée afin que sa partie en eaux libres ne se réduise pas.

On y dénombré à ce jour environ 40 espèces végétales dites “intéressantes” et plus de 20 qualifiées de “remarquables”. Coté faune, ce ne sont pas moins de 26 espèces d’oiseaux et 230 espèces d’insectes qui font la réputation de ce site hermétique aux clameurs de la vile pourtant située non loin. Parfois, on perçoit juste te ronron du moteur du bateau servant au ski nautique, une activité de loisir autorisée et pratiquée à l’embouchure de l’étang. Pour per­cer le secret de cet environnement unique sur le littoral réunionnais, rien de tel que sa visite avec un guide de la Reserve naturelle pour en palper toutes tes richesses.

La Roue de la perrière (tour des roches)

Voici un itinéraire rafraichissant car joliment ombragé, à faire en voiture, à vélo, à pied, ou en ti’train. En effet, l’Office de Tourisme de Saint-Paul propose de monter à bord de son petit train rouge Rosalie, pour une balade commentée sur les sites qu’il emprunte. Sur le chemin du Tour des Roches, l’eau, le sifflement des oiseux, la densité de la végétation constituée de bambous géants ne peuvent que propulser le visiteur dans un autre espace-temps. L’itinéraire qui contourne l’Etang de Saint-Paul par l’Est, fait d’abord passer par le village de Grande Fontaine ou se succèdent merveilles naturelles que sont les cocoteraies, alternant avec d’immenses vergers de manguiers bicentenaires, ainsi que les vestiges historiques de La poudrière, Le Lavoir et La Citerne, avant d’entamer le Tour des Roches à proprement parler.

La Roue de la Perrière
La Roue de la Perrière

Si le Pont des Anglais, la ravina Athanase ou Maison Rouge font l’objet de nombreux commentaires, c’est sans conteste le moulin à  eau placé à l’extrémité de toutes ces étapes qui constitue le point d’orgue de cette balade verdoyante. On y aperçoit une roue dont la base plonge dans un petit canal d’où déborde une eau claire qui traverse la route pour se perdre de l’autre côté dans le tapis marécageux des songes et des papyrus. Ce sont entre autres les sources du Moulin, de Champcourt et de Roche blanche localisées sur ce site gui alimentent tout l’Etang Saint-Paul, Par temps de grosses pluies, lorsque le niveau d’eau du canal est au plus haut, le site devient l’endroit préféré des enfants des villages alentours qui plongent du sommet de la roue dans l’eau fraîche, bien qu’il soit formel­lement interdit de le faire.

Cet objet imposant est en fait le dernier élément d’un moulin à manioc datant des années 1820, propriété de la famille Delaunay de la Perrière, de grands propriétaires fonciers. La roue était entrainée par le mouvement de l’eau pour produire de l’énergie et ainsi actionner la meule du moulin qui broyait le manioc pour en faire de la farine. Si le moulin à eau a aujourd’hui complètement disparu, la roue témoigne des premières empreintes de l’homme sur l’île. Désormais itinéraire touristique, chacun ici, qu’il soit piéton, cycliste ou automobiliste observe une sorte de rituel, celui de s’assoir sur la margelle qui sur plombe le canal pour tremper ses jambes dans l’eau d’une pureté saisissante.

10 endroits à visiter à l’île de la Réunion